Bilan de la nidification au printemps 2013

Au printemps 2013, 104 cigogneaux se sont vu passer la bague à la patte en Aquitaine. Dans les Landes, 3 jeunes cigognes ont été baguées à Candresse (40) le 07 juin 2013 par Tristan Roi. Photo OB

Au printemps 2013, la Cigogne blanche est toujours présente dans quatre départements en Aquitaine : la Gironde, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques et la Dordogne. Suite au colloque du Groupe Cigognes France, organisé au Teich en octobre 2012, le suivi de l’espèce s’est largement amélioré en Gironde. Les chiffres recueillis pour ce département sont donc aujourd’hui proches de la réalité. La dynamique de l’espèce rend difficile la possibilité d’un recensement exhaustif. Mais la poursuite des comptages à l’avenir permettra de vérifier l’évolution de cette espèce, bien implantée dans notre région.

Je tiens à remercier vivement tous les participants au suivi, notamment en Gironde. Cette nouvelle organisation du suivi est de bon augure à la veille du recensement mondial de la Cigogne blanche qui aura lieu au printemps 2014.

1- Nidification :

Gironde :

L’effort de prospection réalisé par les différents observateurs au printemps 2013 permet d’avoir aujourd’hui une vision largement plus complète de la situation de l’espèce que par le passé. Si en 2012, le suivi partiel totalisait 165 couples nicheurs (HPA), cette année, ce sont 256 couples qui sont recensés en Gironde. Ceux-ci ont amené 476 jeunes à l’envol (JZG) alors que seulement 130 étaient notés en 2012.

Restons cependant prudents : impossible de tirer des conclusions sur l’évolution de la population départementale, les effectifs de 2012 étant largement sous-représentés, tant pour le nombre de couples que pour celui de jeunes produits.

La répartition géographique des nids est la suivante :

– Blayais : 44 couples nicheurs et 110 jeunes à l’envol.

– Bordelais nord : 103 couples et un minimum de 146 jeunes à l’envol.

– Libournais : 43 couples et 85 jeunes à l’envol.

– Nord Médoc : 56 couples et 134 jeunes à l’envol.

– Réserve du Teich : 10 couples et 1 seul jeune à l’envol.

Landes :

Année en demi-teinte pour les cigognes landaises qui se reproduisent dans la vallée de l’Adour. Côté positif, le nombre de couples nicheurs (HPA) connaît une bonne progression : il passe de 162 en 2012 à 179 en 2013, soit une hausse de 11 % (similaire aux printemps 2010 et 2011). Côté négatif, 2013 restera une année noire pour le nombre de jeunes à l’envol : seulement 128 cigogneaux (JZG) se sont envolés des nids landais, soit une productivité d’environ 0.7 jeunes par couple (1.10 en 2012, année déjà mauvaise). Tout comme en 2012, ce sont les conditions météo catastrophiques de mai et juin (pluies et froid incessants) qui sont à l’origine de ce résultat. Il faut cependant préciser que ce chiffre de 128 jeunes reste un effectif minimum : plusieurs sites de reproduction n’ont pu être visité en juin afin d’y compter les poussins avant leur départ. En effet, l’Adour est resté en crue pendant 5 semaines, empêchant la prospection des prairies humides, les «barthes».

Pyrénées-Atlantiques :

Les conditions météo ont eu dans ce département les mêmes conséquences négatives que dans les Landes : les 17 couples nicheurs recensés (HPA) n’ont sauvé que 7 jeunes jusqu’à l’envol, soit une productivité de 0,4 jeunes par couple (0.8 en 2012).

Dordogne :

Tout comme en l’an passé, deux couples ont nidifié avec succès en 2013. Le premier a amené 3 jeunes à l’envol. Le second a vu son nid chuter en fin de reproduction avec 3 jeunes proches de l’envol. Un est retrouvé mort au pied de l’arbre, les deux autres ont disparu.

2- Baguage et contrôles :

2-1 Nombre de poussins bagués :

En Gironde, depuis l’arrêt du baguage par Alain FLEURY en 2006, seule la population du Blayais continue à être marquée par Jean-Pierre BAUDET. Au printemps 2013, celui-ci a bagué 49 jeunes, sur les 110 à l’envol de cette zone, soit près de 45 % de l’effectif.

Dans les Landes, la crue très tardive de l’Adour a empêché le comptage des jeunes mais aussi leur baguage (1.50 m d’eau au pied des arbres porteurs de nids…) : seuls 3 poussins ont été bagués par Tristan ROI au printemps 2013.

Aucun cigogneau n’a été marqué dans les Pyrénées-Atlantiques ni en Dordogne.

2-2 Identification des adultes bagués nicheurs :

Sur l’ensemble de l’Aquitaine, le nombre d’individus nicheurs bagués reste inférieur à celui connu dans d’autres régions (Normandie, Loire-Atlantique, Alsace) où une majorité de couples est formée de deux oiseaux marqués.

L’accès souvent périlleux au nid, la disponibilité des bagueurs et surtout le temps consacré au suivi de la population sont autant de facteurs limitant le développement du baguage à plus grande échelle, et donc le retour d’individus nicheurs bagués par la suite, grâce à la philopatrie. N’oublions pas non plus la proximité de l’Espagne qui nous envoie probablement chaque année des cigognes, dont la plupart ne sont pas baguées.

Difficile donc de tirer des conclusions sur les observations des cigognes nicheuses baguées aquitaines.

Quelques remarques cependant :

– Reproduction réussie pour la cigogne P2272 (Bleu/Métal ; Jaune/Vert/Jaune) à SOULAC (33). Baguée par Alain FLEURY au TEICH le 08/06/1995, cet individu atteint donc l’âge respectable de 18 ans.

– La cigogne CK6015 (BLEI) est au contraire précoce : elle est notée nicheuse à LUDON (33) alors qu’elle n’a que de 2 ans. Elle a été baguée par Jean-Pierre BAUDET le 21/05/2011 à BRAUD-et-SAINT-LOUIS.

– Une cigogne allemande niche pour la première fois dans les Landes en 2013 : baguée à CRAILSHEIM (Nordwurttemberg) le 30/06/2008, elle s’installe au sein de la colonie forestière de CANDRESSE (40). Malheureusement, le vent fait chuter le nid lors de l’incubation. A noter que cet individu avait déjà été observé sur la décharge de Zaluaga, à SAINT-PEE-sur-NIVELLE à l’automne 2012.

– Trois cigognes espagnoles nichent ce printemps dans les Landes. L’une est originaire du Pays basque et a été baguée en 2005 à FORUA. L’autre est née à l’opposé, à CASTELLO D’AMPURIES (Catalogne) en 2010. L’origine de la troisième est à ce jour inconnue.

3- Hivernage 2012-2013 :

Dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, le comptage réalisé le 28 décembre 2012 révèle 145 individus présents. 100 sont observés sur des nids, les 45 autres au gagnage.

Les effectifs progressent donc pour cet hiver dans la vallée de l’Adour : 117 individus étaient recensés en décembre 2010 et 128 en décembre 2011. Ce chiffre est en constante augmentation d’année en année.

La prospection a concerné la même zone géographique que l’hiver passé pour que les comparatifs puissent être réalisés.

La difficulté est l’impossibilité de faire la différence entre les oiseaux réellement hivernants et ceux, précoces, qui sont déjà de retour d’hivernage. Mais la période du recensement hivernal étant identique sur l’ensemble du territoire français, le recensement doit être effectué au cours des 15 derniers jours de décembre.

En Gironde, 23 cigognes sont comptabilisées le 30 décembre 2012 à la gravière de NAUJAC-sur-MER, ces individus trouvant sur la décharge voisine de quoi subvenir à leurs besoins. Il semble évident que la Gironde accueille un effectif hivernant bien supérieur. Les prospections des hivers à venir permettront peut-être de mieux appréhender le phénomène.

La décharge de Zaluaga au Pays basque, ne semble pour l’instant ne constituer qu’un site de halte migratoire. Alfredo HERRERO ne note en effet « que » 17 cigognes présentes le 27 décembre 2012, bien loin des 435 individus observés le 08 août 2011…

4- Synthèse :

La population de la Cigogne blanche en Aquitaine s’élève donc au printemps 2013 à 454 couples nicheurs (HPA) et 614 jeunes à l’envol (JZG). Ce dernier chiffre est sous-estimé pour les raisons évoquées ci-dessus.

L’effort de prospection, notamment en Gironde a permis d’obtenir une vision plus juste de l’état de la population régionale. Mais il est difficile d’évaluer la dynamique de l’espèce dès à présent. Les comptages des années à venir devraient aider à déterminer cette tendance. La Cigogne blanche reste cependant une espèce qui prospère en Aquitaine dont l’essor devrait se poursuivre, au vu de la grande capacité d’adaptation de l’oiseau. Cela ne sera pas sans poser des problèmes, notamment pour les futures et probables multiplications des nids sur les ouvrages électriques.

Tableau récapitulatif 2013

Rappel : HPA : couple nicheur ; HPM : couple ayant mené une reproduction à terme ; JZG : nombre de jeunes à l’envol.

Tristan ROI

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